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Dribbble, le site qu’on adore détester

Par le 29 août 2011

Les créatifs qui s’intéressent un tant soit peu aux réseaux sociaux et à leur métier connaissent forcément Dribbble. Pour le présenter rapidement, c’est un site créé dans le but que les graphistes montrent des shots (vignettes) de WIP (works in progress, travaux en cours).
La baseline, “what are you working on?”, montre clairement le positionnement de Dribbble : il s’agit, pour les designers, de partager un travail pas forcément abouti sous forme de shots de 300 x 400px et permettre de recevoir des critiques.

Les shots peuvent donc être commentés, likés, tagués, partagés, etc. Dribbble est un moyen supplémentaire pour les designers de se faire connaître, de partager leur travail et d’avoir les retours de professionnels.

Afin de garder un certain niveau de qualité, Dribbble fonctionne par invitations. Il y a 3 niveaux d’inscrits sur le site, très bien expliqués dans la FAQ : le player (le contributeur, qui montre ses WIP, commente, like), le spectator (qui ne peut ni poster ni commenter, mais simplement suivre les players qu’il souhaite), et le prospect (qui est un spectateur dans l’attente d’une invitation de la part d’un player).

L’invitation Dribbble est, pour certains, le graal du designer, un moyen d’avoir une certaine reconnaissance dans le milieu étant donné la qualité générale du site. Pour d’autres, c’est de la branlette numérique, un moyen de renforcer les inégalités et les jalousies entre les designers, de “rester entre eux”. En gros, si t’as pas d’invit’ Dribbble, tu ne fais pas partie de la jet set des designers qui postent un pet de mouche de footer dès qu’ils en ont l’occasion.

La critique américaine vs la critique française

Le fond du problème réside dans la culture de la critique à l’américaine (Dribbble est un site américain), qui est de toujours être positif et encourageant. Les américains reconnaissent l’effort, et prennent le temps de le dire. C’est une qualité qui a aussi le défaut de maintenir un consensus et d’être moins dans la critique constructive à la française qui consiste à certes, donner des coups, mais dans le seul but de faire avancer.
D’un côté on a donc des shots postés par des players et commentés où l’on retrouve souvent des “Nice shot!”, “Awesome design!”, “Keep up the good work!”, et d’un autre côté, des français qui, il faut le dire, ont la critique facile. On assiste donc à un petit choc des cultures.

Un design consensuel ?

S’il y a bien une chose que je lis beaucoup sur Twitter, c’est qu’il y a un “style Dribbble”. Sans être forcément d’accord, il faut reconnaître que les “popular shots” sont souvent des icones dans le même style (glossy, iphonesques), des menus en forme de ruban, des illustrations vintage… En résumé, des shots “cleans” mais pas forcément créatifs au sens strict du terme puisqu’aujourd’hui, on en voit partout et sur Dribbble, on ne voit presque que ça.
Il y a donc un “high level” dans la réalisation, c’est certain, mais quant à parler de créativité… on repassera.

Un “what are you working on?” devenu “what have you worked on?”

Avec ce showcase de détails de webdesigns, des icônes sorties de leur contexte, des logos coupés pour ne montrer qu’un pictogramme, on reste dans le peaufinage, presque la finalisation d’un travail déjà bien abouti. L’objectif premier de Dribbble est un peu passé à la trappe par des designers qui ne jouent plus tellement le jeu en montrant des sites qui sont bien souvent déjà en ligne, des logos terminés.

Mais quel est l’intérêt ?

En dépit de tout cela, je continue à fréquenter Dribbble. C’est pour moi une grande source d’inspiration, car avec ces shots de 400 x 300px, on ne voit qu’un détail mais qui la plupart du temps est très travaillé, avec une grande finesse et ça permet de penser “out of the box” lorsque je suis moi-même à la création d’un webdesign. Aurais-je pensé à prendre le temps de designer le bouton “Top” d’un site si je ne l’avais pas déjà vu sur Dribbble ? Possible oui, mais pas sûr. Dribbble permet de faire attention aux “little big details” qui font toute la différence entre un graphiste moyen et un bon graphiste.
Il permet aussi, si l’on a un minimum de recul, de montrer les tendances actuelles et de pouvoir s’en détacher afin d’être créatif. Dribbble n’est finalement que ce que l’on en fait.

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31 Commentaires
  1. Répondre

    Argo

    29 août 2011

    Très bel article Christelle !!! J’adore ton coup de patte à la fois sobre et réaliste

    Tu as très bien résumé ce qu’est Dribble :

    Branlette numérique pour les graphiste de fond de cave VS pet de mouche-vintage-glossy-iphone des graphiste jet-setteur !

    Sans faire de la pub, sans critiquer, juste résumer, voila ce qu’on aime.

    Mais bon c’est pas pour autant que demain je me taillerai une veine pour une invit’ ^^

    • Répondre

      Christelle

      29 août 2011

      Merci Aurélien. Il y a presque un business ou parfois certaines formes de « chantage » (bon, ça reste gentillet, hein) pour choper une invit’ Dribbble. Certains blogueurs en profitent pour faire grimper leur trafic et/ou nombre de commentaires… C’est en cela que c’est dommage. On court après une invit’ Dribbble comme on a pu courir après une invit’ Google+… pour au final peu d’actifs !

      • Répondre

        mike

        29 août 2011

        oui ça soule un peu : la course aux « awesomes » pour flatter l’ego des inscrits et obtenir une invit de leur part !

        • Répondre

          Olivier

          29 août 2011

          C’est la mode des sites qui marche à l’invitation, ils aiment se faire désirer 😀

  2. Répondre

    Cabaroc

    29 août 2011

    Contrairement à son but premier, Dribbble n’est pas un site pour aider à s’améliorer. Les gens ne prennent pas le temps d’avoir une critique constructive pour cela (et même les américains peuvent avoir une critique constructive, bien heureusement).

    Pour vraiment avoir des avis qui font avancer, il vaut mieux aller sur des forums. En fait Dribbble c’est surtout une source d’inspiration car des fois il y a vraiment des choses créatives, neuves, même si une grande majorité des créations sont consensuelles. Au pire Dribble est une vision à un moment donné de ce qui est à la mode dans le webdesign essentiellement.

    Mais Dribble est aussi un endroit qui flatte l’égo des graphistes, un endroit où l’ont espère avoir plein de « Well done ! » et de « Great Work ! ». Et c’est ça qui énerve. Son côté « select » et VIP exacerbe cela. Mais beaucoup de graphistes ne sont pas dupes, tout cela est du vent.

    En fait, c’est un outil de réputation et de veille (même si j’ai l’impression qu’être sur Dribbble est de moins en moins vu comme un « privilège »). Et comme un ami m’a tout simplement répondu, « c’est déjà ça… ».

    • Répondre

      Christelle

      29 août 2011

      Heureusement que les américains savent faire une critique construite et constructive, je n’ai pas développé ce point. Je dis juste que leur culture est d’encourager plus que de descendre (ou même de ne rien dire… ce qui est déjà plus « français »).
      En effet, il vaut mieux en général aller sur des forums pour avoir une réelle critique de professionnel à professionnel (CaféSalé et KobOne pour ne citer qu’eux). Mais je pense que Dribbble a ce potentiel critique qui permet de donner son avis sur un détail sans prendre en compte l’ensemble, ce qui peut parfois amener à des remarques pertinentes. Malheureusement, c’est un potentiel qui est bien trop peu exploité. C’est dommage de « seulement » se brosser dans le sens du poil, ça n’aide pas à avancer.
      Forrst, par exemple, est déjà plus ouvert dans la critique (j’ai l’impression). Cependant, il jouit d’une moins bonne notoriété et reconnaissance dans le milieu, ce qui fait qu’on le met un peu de côté. (L’aura de Dribbble est quand même impressionnante)

      • Répondre

        Cabaroc

        29 août 2011

        Voilà, pour moi, là où il y a quelque chose d’original, c’est que Dribble est censé s’attacher au détails, donc uniquement à la technique. Et finalement c’est un peu normal que Dribbble dérive en une sorte de masturbation intellectuelle car le métier du design c’est avant tout le concept global et c’est après qu’on s’attache aux détails. Les détails que parfois seules les graphistes voient, (même si je suis convaincu que les détails comptent pour beaucoup dans la qualité d’un travail), il y a donc une sorte de revanche de la part des graphistes qui enfin peuvent montrer les choses que les clients ne « décèlent » jamais. En ce sens Dribbble est un monde que seules les designers peuvent comprendre. Et je pense sincèrement que beaucoup de designers sur Dribble n’attendent aucune critiques pour avancer mais juste des compliments pour se prendre un shoot d’autosatisfaction.

        • Répondre

          Christelle

          29 août 2011

          En effet, ton analyse est très pertinente. Disons que c’est un moyen supplémentaire de montrer un boulot et d’insister sur un détail particulier qu’on a vraiment envie de montrer, et qui passerait à la trappe si on montre l’ensemble de la créa.
          Et également, comme je l’ai écrit dans mon article, le sens du détail c’est quelque chose qui pour moi, fait la différence entre un graphiste moyen et un bon graphiste 🙂

  3. Répondre

    Monsieur M

    29 août 2011

    pas mal d’avoir un avis objectif sur ce site que j’aime beaucoup. C’est que tu dis es assez juste je trouve. On trouve souvent les mêmes styles, mais ça reste intéressant.

    Pas mal non plus cette idée de différence de point de vue entre US et EU (parce qu’en Belgique c kif kif… que FR enfin a peu de choses près)

    Merci pour cet article.

    • Répondre

      Christelle

      29 août 2011

      Nous sommes donc d’accord 🙂 merci pour le retour 🙂

  4. Répondre

    Olivier

    29 août 2011

    Perso, dribbble est une réelle source d’inspiration pour moi, bien plus que Forrst que je n’aime pas du tout. Après c’est sûr il y a les VIP ceux qu’on voit et revoit et surevoit un peu trop souvent (popular page) alors qu’à côté il y a de très bons talents qu’on laisse sur le banc de touche, et ça c’est un peu dommage, c’est la seule chose que je critique par apport à dribbble, mis à part ça j’aime bien y traîner et poster ce que j’aime faire.

    • Répondre

      Christelle

      29 août 2011

      Je vois qu’on en a la même utilisation !

  5. Répondre

    mike

    29 août 2011

    c’est clair que ce site est un paradoxe à lui tout seul. je partage donc également ce point de vue ou d’un coté et plus sur la forme, on peut y trouver des choses intéressantes (il faut fouiner un temps soit peu), et de l’autre, sur le fond ou les « awesome » rendent l’ensemble un peu désuet. Alors soit on connait le principe du site. Mais habitué aux forums ou la critique est souvent constructive…là force est de reconnaitre que c’est bien moins le cas !
    Belle analyse cricri 🙂

  6. Répondre

    Ludivine

    29 août 2011

    Bon j’avoue que je suis la 1ère à vouloir une invitation Dribbble depuis quelques mois. Mais c’est surtout pour tester le truc, je suis curieuse et c’est souvent ma motivation première. Maintenant je n’en ai toujours pas et je le vis très bien !!
    Sinon c’est un très bon article objectif et parfaitement rédigé. Tu roxx miss !

  7. Répondre

    Francis

    29 août 2011

    Très bon Christelle et très en phase avec la réalité. Personnellement, je continue a aimer parcourir le site à la recherche de shoots sympa à liker histoire d’encourager ceux qui font un boulot que j’apprécie. Bien souvent ce ne sont pas ceux qui font la homepage…

    Je l’utilise aussi pour mettre certains de mes travaux, mais de moins en moins souvent parce que finalement faut rentrer dans un certain moule pour attirer l’oeil et la critique est quasi inexistante. C’est vrai que les ricains sont souvent un peu trop positifs et pas super constructifs, mais je ne trouve pas que les francophones le soient plus. ^^ J’ai même l’impression qu’il règne parfois une certaine jalousie. Je suis peut-être parano me diras-tu mais j’ai régulièrement cette impression.

    Enfin, y a un truc que je trouve con, c’est qu’un gars qui fait un travail convenable mais qui a la tonne de followers à de grandes chances de se retrouver en home avec 200 likes à chacun de ses shoots. S’il en a un en dessous de 100, il le supprime rapidement ! 😀 Et puis, à côté de ça, tu as des jeunes designers qui font un boulot de fou, qui n’arriveront pas sur la home, mais qui seront contents avec 10 likes et quelques commentaires encourageants.

    Je me méfie des shoots qui ont du succès, certains sont top, d’autres sont là grâce à la popularité du designer.

    Enfin (et oui encore enfin…), j’ai eu une proposition de job via Dribbble et quelques propositions de projets. Donc, visiblement ça intéresse aussi ceux qui veulent recruter.

    • Répondre

      Olivier

      29 août 2011

      Pour la jalousie je suis d’accord, c’est ce que je ressent aussi, beaucoup chez les français je trouve.

      • Répondre

        Argo

        30 août 2011

        Le principe du Français c’est de critiquer mais aussi bouder la réussite de l’autre, on préfère tailler pour se gonfler l’ego ou se dire qu’on fait toujours mieux.

        La réussite de l’un fait la jalousie de l’autre c’est bien connu….

        • Répondre

          Veracruz

          31 août 2011

          Quels connards ces Français.

    • Répondre

      Christelle

      30 août 2011

      Courir après la home page est un faux-débat et une façon de prendre le problème à l’envers : évidemment qu’il y aura toujours des personnes mieux « entourées », qui ont plus de followers, plus d’amis, une meilleure notoriété. Le « like » n’est pas une fin en soi, un peu comme si, IRL, celui qui dit une blague mesurait sa valeur aux nombres de personnes qui y rigolent.
      C’est auto-centré, ça manque de recul, et surtout les gens ne s’arrêteront pas à cela pour juger de la valeur de l’autre.
      Par contre, je trouve ça très bien que Dribbble puisse apporter des affaires et permettent de se faire repérer : je suis plus dans l’idée de le prendre comme une plateforme d’inspiration et de démonstration 🙂

  8. Répondre

    Francis

    29 août 2011

    PS: Pour l’histoire de la créativité « tu repasseras », je pense que c’est une question de goût et de ce qu’on entend par créativité. Dribbble est là au départ pour les web designers et pour un grand nombre d’entre nous, un joli site ça passe à 95% par une jolie typo dans un layout organisé. Donc, est-ce qu’il y a de la créativité là-dedans ? 😉

    • Répondre

      Christelle

      30 août 2011

      Justement, pour moi être créatif ce n’est pas faire du « beau » ou du « clean » juste pour faire du « beau » ou du « clean ». C’est réfléchir à une problématique avec des contraintes et sortir des idées qui lui correspondent. Ce systématisme du ruban et de la typo vintage réduit le graphiste à un peintre du web.

      • Répondre

        Francis

        30 août 2011

        Entièrement d’accord ! 😉

        • Répondre

          Cabaroc

          30 août 2011

          @Christelle :
          Oui mais justement, c’est impossible de juger la créativité selon ces critères sur Dribbble. On a pas assez d’information sur le projet. La créativité que l’on peut voir c’est une créativité de forme.

          Il m’arrive de voir des façons nouvelles de représenter le choses sur Dribbble. Il y a les choses bien faites qui sont tendances et il y a les choses bien faites qui sont originales (jusqu’au jour où c’est repris par toute la communauté, etc., etc.)

  9. Répondre

    Ange

    29 août 2011

    Personnellement, comme Ludivine, j’attendais impatiemment d’avoir une invitation Dribbble en premier lieu pour tester le service et pensant pouvoir montrer mes travaux en cours et avoir des feedbacks qui me permettraient d’améliorer tel ou tel point.
    Malheureusement, lorsque @amanddde m’a drafté je m’suis vite aperçu que l’idée que je m’étais faite de Dribbble était fausse, du coup je m’en sert maintenant pour l’inspiration (surtout dans ce qui se fait dans les « Debuts » qui sont parfois beaucoup plus intéressant que ce qui est en « Popular ») et pour avoir des avis constructifs je passe directement par mail aux potes designers 😉
    Sinon, je suis assez d’accord, on voit beaucoup trop la même chose, notamment les rubans et autres joyeuseté bien rétro, et si tu n’en fait pas, t’es has-been… c’est dommage.

    • Répondre

      Olivier

      29 août 2011

      Et si tu ne touches pas à Illustrator ou Fireworks, tu l’es tout autant has-been 😀

  10. Répondre

    dmassiani

    31 août 2011

    Francis, Olivier et Argo, sachez que je partage pleinement votre avis, on peux donc en conclure que c’est également pleinement justifié et que la jalousie Française n’est pas qu’une parano 🙂

    Pour revenir sur l’article, la masturbation intellectuelle ou artistique ne m’attire pas franchement, pour tout avouer j’y ai un compte pro mais pas à titre personnelle, et mon sentiment global sur ce site est que ce n’est pas le talent qui fera ta réputation mais le nombre de tes followings.

    Sinon je suis assez satisfait d’avoir pu lire cet article et vos commentaires, ça rassure 🙂

  11. Répondre

    Slaapme

    6 septembre 2011

    Merci pour ce post, et ce mini débat, très intéressant.
    Personnellement, j’utilise Dribbble pour l’inspiration, très souvent, pour accrocher le niveau de détail qui fait la différence entre un design propre et un design pro.
    Bien entendu, la créativité est limitée, en terme de web design, mais le travail du détail aide vraiment à s’ouvrir les yeux pour améliorer son propre travail et aller plus loin.
    La possibilité de recrutement ou de dénicher des contrats à l’echelle du globe peut aussi donner envie, tomber sur des clients qui vont valoriser le travail pro… c’est un plaisir 🙂
    Bonne continuation à tous, et longue vie !

  12. Répondre

    Steve

    28 octobre 2011

    Je tiens à te féliciter Christelle pour la qualité de rédaction et la démarche entreprise ici pour aiguiller les compatriotes français à s’y retrouver sur la toile des designers, ainsi que sur des points importants, voir essentiels, qu’un graphiste/designer peut avoir en terme d’approche virtuelle de son métier. Salutation au passage à Cabaroc que j’ai croisé sur behance network récemment 😉

    Pour ma petite contribution, j’ai rejoins Dribbble hier soir, après 4mois d’attente et de patience (sans forcer) pour décrocher une invitation et je ne suis pas mécontent du résultat. Alors il n’y a pas de règle je pense pour rejoindre la communauté. De ma propre expérience, j’ai acquis ce petit ticket de passage en mode « player » et plus en tant que « demandeur d’invite » grâce à un certain Alexander Wender, designer allemant qui a pû découvrir mon travail sur mon folio suite à une prospection de ma part faite en likant et créant un « bucket » de divers logos dont j’appréciais les qualités visuelles. Et bien sûr, plusieurs de ses travaux qui m’ont vraiment attiré se sont retrouvés dans ce mini-portfolio personnel. J’ai donc reçu une invitation dans l’après-midi sans même m’y attendre. J’avoue avoir été très flatté surtout quand on ne prospecte pas une quelqconque requête. Comme quoi il y a de la spontanéité et de la sincérité dans la démarche des designers, et pas seulement du moussage intempestif.

    Je rejoins certains commentaires déjà fait sur la question quant à l’ « astiquage intellectuel » qui prédomine sur ces réseaux. De mon point de vue, je pense que la plupart du temps cela est fait sincèrement, ajouter son petit commentaire pour saluer une prestation graphique ou une idée mise en oeuvre est une chose courante dans un premier temps, pour « exister » sur le réseau, mais également pour donner sincèrement son opinion ou son appréciation « succinte », sur le moment. Il est vrai que les longues phrases détaillées ne se croisent pas souvent. Pour ma part, deux lignes me suffisent à expliquer mon ressenti sur un projet que je croise (lorsque j’en ai l’envie) et dont j’apprécie le travail. Si je trouve au contraire qu’une oeuvre est médiocre voir peu aboutit ou faite de main d’un amateur du genre, soit je ne commente pas, soit j’apporte mon petit mot qui pourra peu être aider la personne à s’améliorer ( car bien que je ne me vois pas personnellement comme un pédagogue en la matière, je pense qu’apporter un commentaire construit sera toujours bénéfique).

    Sur ces réseaux je pense qu’il faut partir de ce point de vue là, venir pour faire évoluer chaque personne qui viendra vous lire. Et pas seulement celle concernée. Les arts graphiques sont avant tout, comme son nom l’indique, des procédés de création et des goûts divers et variés. C’est la passion qui anime avant tout les 98% des protagonistes qui viennent s’y inscrire. De mon point de vue, c’est l’auteur qui décide ou non si son travail est bel et bien aboutit et ses critères de qualité sont respectées pour lui. Sur DeviantArt, il m’est arrivé par exemple qu’on me dise « j’aurais vu plus de travail dans tes ombrages, pour faire ressortir l’effet de 3 dimension de ton projet ». Je l’ai pris de façon très positive, mais n’ai pas rectifié par la suite ma compo, les goûts et les couleurs, c’est ce qui fait la particularité de votre oeuvre. Les choix de création également. Mais l’avis en question n’était pas faux, j’aurais pû aller plus loin dans le détail des ombres, mais ça aurais eu pour ma part trop d’impact visuellement et du coup cela aurait été moins fin dans l’approche. C’est donc propre à chacun, et je pense que les gens qui viennent s’inscrire sur ce type de réseau ne sont pas là pour « critiquer » tout ce qu’il peuvent voir. C’est au feeling.

    Voilà pour mon epxérience entre autre, et j’ajouterais qu’il y a trois catégories à ce jour de réseau social pour designer. Dribbble est le monde de l’auto satisfaction peu être pour une certaine élite de créatif. Mais dans un sens, je ne suis pas contre leur politique d’invitation, qui justement épure un peu des travaux plutôt orienté débutant, que l’on retrouvera plus fréquemment sur DeviantArt par exemple, qui pour l’occasion, est un vivié de jeunes créateurs, autodidacte la plupart du temps mais pas forcémment toujours concentré à l’extrême sur une esthétique aboutit. A l’inverse, on y croise surtout des illustrateurs qui feraient pâlir les créateurs bobo sur Dribbble. Ensuite il y a Behance Network, qui est pour moi LA communauté à suivre. La présentation du travail et du processus de création est souvent récompensée à sa juste valeur, il y a bien sur du « awesome » et du « great work » à tout va, mais je pense que c’est véritablement l’endroit où il faut être pour se faire juger de son travail, surtout que les projets que l’on croise touchent à vraiment tout les domaines et supports du design.

    En tout cas, lorsque l’on se retrouve sur ce type de réseau, c’est avant tout pour y trouver de la fraîcheur en terme de création et d’inspiration, puis de se mettre aussi parfois en concurrence saine face des designers au talent reconnu. Mais cela reste des lieux de passionné.

  13. Répondre

    Steve

    28 octobre 2011

    Au passage, désolé pour les fautes monstrueuses qui se trouvent dans mon roman. L’heure était au sommeil pour ma part. 😉

  14. Répondre

    Olivier El Mekki

    11 janvier 2012

    [Hors sujet]

    Surprenant ce principe permanent d’inscription sur invitation (qu’on a déjà vu à l’oeuvre dans Quora, cela dit), surtout s’il y a par ailleurs un système de classement permettant de mettre en avant les créations les plus plébiscitées. De quoi ont-il peur ? Comme souligné dans plusieurs autres commentaires, cela pénalise (voire même : méprise) les nouveaux venus qui peuvent quand même avoir des propositions originales à faire (surtout si le concept premier est de montrer des oeuvres inachevées!).

    Je m’en inquiète, personnellement, y voyant une attaque en règle des principes d’interweb libre et ouvert (on ne va quand même pas repasser au mode « read-only » de la télévision). Espérons que ça ne reste que d’originales exceptions.

  15. Répondre

    Zig

    5 mai 2012

    Merci pour cet article que je viens de découvrir… J’aime bien ce « twitter des graphistes »… et loin de s’enorgueillir de ses réalisation, Dribbble vous confronte tout de suite à des graphistes professionnels de talent… C’est bon enfant à l’américaine… mais lorsqu’on clique de découvertes en découvertes, ça calme franchement toute auto-satisfaction.

    Ce qui fait plaisir, c’est que le niveau graphique est franchement élevé… Inutile de prétendre le contraire ou de feindre qu’on ne voit pas la créativité. Même si vous avez un style qui ne plait pas la communauté entière, où est le problème ? Tant que votre travail est de qualité… à moins d’être à la recherche de centaines de folowers.

    Le style Dribbble, ce sont les typographies, les icones, les logos réalisés très finement avec une attention particulière dans les détails. Il est impossible de trouver sur les forums ce niveau de qualité.

    Le système d’invitation est frustrant. La notoriété sur Dribbble est contestable, les commentaires convenus et gentillets… N’empêche, le site est devenu pour moi une vraie source de motivation.

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