Bienvenue

Du graphisme au webdesign, en passant par internet et les nouvelles technologies, nous parlons ici de tout ce qui concerne de près ou de loin aux métiers de la communication.

Les contributeurs de ce blog sont tous des créatifs passionnés et dévoués à leurs métiers, souhaitant faire partager leurs quotidiens, leurs humeurs, ou même leurs découvertes.

Suivez-nous sur…
Rechercher
Freelance

Les règles d’or du freelance, billet n°1

Par le 9 juin 2011

J’ai bien conscience que cet article aura un petit air de déjà vu (ou plutôt de déjà blogué) pour certains, mais au vu du nombres de demandes d’aides que je peux avoir comme je le disais sur un précédent article ou même ne serait-ce que lire ici et là, il ne me semble pas superflu. Je vais tâcher de donner quelques conseils (rien de révolutionnaire toutefois) aux graphistes et autres webdesigners freelances débutants qui passeraient par là. Ils seront basés sur mon expérience, mes propres erreurs et les conseils que j’ai reçu.
Nous allons suivre un schéma simple : celui de l’élaboration d’un devis, de la gestion d’un projet, à la livraison du travail concerné.
Dans ce billet je vais déjà traiter de la partie « Devis », le reste suivra dans un autre article d’ici quelques jours.

L’ÉLABORATION DU DEVIS :

1/ Le cahier des charges : C’est LE point essentiel pour établir un devis correctement dans le cadre d’une prestation précise. En quoi consiste-t’il ?
C’est un écrit de tout ce que souhaite votre client, et dans lequel doit figurer le moindre détail de la prestation. Celui-ci peut vous être fournis par le client, ou rédigé par vos soins conjointement avec ce dernier. Dans les deux cas, il est impératif de lui faire valider officiellement en lui faisant signer, ou alors en inscrivant une clause sur le devis, comme : « Ce devis vaut acceptation du cahier des charges établis avec l’accord de la société cliente ».
Toutefois, lorsque la demande est succinte et limite donc le risque de surprises, vous pouvez vous contenter d’un devis détaillé.

Ne faites pas l’erreur que j’ai souvent faite, à savoir : ne pas prendre le temps de l’écrire s’il n’y en a pas de fournis, ou encore vous mettre d’accord avec votre client par téléphone si le travail se réalise dans l’urgence. Pour ce dernier cas, je l’ai encore malheureusement expérimenté il y a peu de temps, et je me suis retrouvée face à une demande qui n’avait jamais été abordée. Mais difficile à prouver lorsque les échanges ont eu lieu sans traces écrites, et malheureusement la description du travail figurant sur le devis n’était pas assez précise pour aller dans mon sens.

En conclusion, à part pour un motif vraiment béton qui vous empêcherait de faire valider un cahier des charges, ne vous en passez pas, même s’il faut prendre un peu de temps pour le rédiger cela peut vous éviter bien des soucis.

2/ Le devis : Une fois le cahier des charges établis et validé par votre client, passez à la phase création du devis. Je lis souvent sur les communautés ou j’interviens des questions sur la façon de fixer ses prix pour une prestation. Hors avec tous les forums et les blogs qui abordent le sujet, je suis vraiment très surprise que certains ait encore cette interrogation.

Pour faire au plus simple, vous devez vous fixer un tarif journalier et vous baser sur ce dernier pour le prix de votre prestation. En estimant le nombre de jours dont vous aurez besoin pour la demande, vous multipliez votre tarif journalier par ce temps et vous obtiendrez le prix de votre intervention (hors droits d’auteurs éventuels). Le freelance débutant commence au minimum à 250€ par jour et peut aller pour un freelance confirmé jusqu’à 500€ voir plus, mais pour arriver à ce stade il faut des années de pratique et un certain niveau surtout.
Pour en revenir aux débutants, je vous déconseille d’aller en deçà des 250€, pour des raisons de rentabilité dans un 1er temps mais aussi pour ne pas tomber dans le panier des prestataires « discount ». Vous serez tentés de baisser votre tarif pour obtenir des missions, nous sommes tous passés par là, mais vous devez tenir votre prix car votre travail a une valeur réelle et il est anormal de sous estimer son boulot pour un client. Il ne viendrait pas à l’esprit d’une structure comme « Boulanger » ou « Darty » de vous vendre moins chère une télévision sous prétexte que vous ne voulez pas payer autant. Et bien c’est pareil pour notre cas, restez droit dans vos bottes. Car si vous rentrez dans ce jeu, vous aurez toutes les peines du monde (une fois le moment venu) à faire respecter à vos clients un tarif que vous auriez remis dans la norme.

N’oubliez pas d’inclure dans votre devis les éventuelles cessions de droits. A savoir que vous ne pouvez pas céder vos droits moraux (qui attraient à la propriété intellectuelle), tous les clients ou agences voulant vous faire signer une clause en ce sens seront totalement à côté de la plaque. Seuls les droits patrimoniaux (droit de représentation et droit de reproduction) peuvent être cédés. Pour les travaux hors logos (cartes de visites, petits sites internet…) j’inclue cette session dans mon tarif/jour, et je n’applique le cas d’une cession à part uniquement pour les logos et les demandes plus importantes (gros client pour une diffusion régionale, nationale ou internationale). Pour en savoir plus sur les droits d’auteurs vous pouvez vous reporter au livre que je vous ai conseillé dans ce billet.

Joignez également à ce dernier un exemplaire de vos CGV (Conditions Générales de Ventes) que vous faites signer ou valider via une clause sur le devis telle que : « Ce devis vaut acceptation des conditions générales de vente en page annexe ». Vous trouverez un exemple de CGV avec les miennes que j’avais mises au point grâce à l’aide d’une collègue freelance. Je ne peux pas attester qu’elles soient complètes, mais jusqu’à présent elles m’ont suffit.

3/ Retour du devis et conditions pour démarrer le travail : A ce stade vous avez fait parvenir vos CGV et devis à votre client, alors maintenant que se passe-t’il avant de commencer le projet ?
Votre client se doit évidemment de vous retourner votre devis signé et daté, et avec un cachet c’est encore mieux. Il peut vous le renvoyer scanné par email dans un premier temps, ce qui vous permettra de démarrer le travail plus vite ou d’éviter l’inconvénient des pertes de courriers de notre bonne vieille Poste (oui je suis experte en la matière). Mais demandez tout de même à ce que ce dernier vous soit retourné par courrier postal, car si l’exemplaire scanné a une valeur légale, mieux vaut avoir l’original sous le coude dans la mesure du possible.

Assurez-vous aussi d’avoir perçu un acompte d’un minimum de 30% de la somme net totale avant de débuter tout travaux, que ce soit par chèque ou virement. Cette condition doit de toute façon être clairement affichée sur votre devis et sur vos CGV.
Petite précision cependant parce qu’il faut envisager toutes les situations, autant je ne transige pas avec cet acompte face à des entreprises ou des clients « directs », autant il peut y avoir des exceptions avec certaines (je dis bien certaines et non toutes) agences. En effet j’ai eu le cas très récemment encore avec une très grosse agence de com, dont le nom commence par « Pub » pour ne pas la citer, qui m’a sollicité pour un long moment, mais qui ne pouvait pas me verser d’acompte car la comptabilité qui gérait toutes les filiales du groupe ne le pratiquait pas. Dans cette situation, assurez-vous de la pérennité de l’agence et demandez éventuellement des retours d’expériences à des collègues qui auraient déjà travaillé pour eux. Je pars du principe que plus une agence est connue, plus elle est « vieille », plus elle a d’importants annonceurs dans ses clients, moins il y a de risques de la voir déposer le bilan et de voir vos euros s’envoler. Évidemment ce n’est pas infaillible, mais jusqu’à présent lorsque j’ai eu à faire à ce genre de cas je n’ai jamais eu de soucis. Mais c’est à vous seul de décider si vous faites une entorse à votre règle ou pas (je l’ai fait pour profiter d’une belle opportunité de travailler avec une importante agence sur le compte d’un annonceur connu), mais à savoir que les agences avec qui vous pouvez vous le permettre ne cours pas non plus les rues. N’allez pas prendre de risques inconsidérés avec n’importe qui, et dans 98% des cas ne lâchez pas cet acompte quitte à ne pas bosser pour un client qui refuse car il vous protège un minimum du travail effectué en cas de rupture de contrat ou de soucis de paiement à la fin du projet.

A savoir que si suite à une rupture de contrat de la part de votre client, il exige un remboursement de l’acompte déjà versé alors que vous avez commencé à travailler et que vous n’avez rien à vous reprocher, vous pouvez tout à fait ignorer sa demande (voir en plus exiger des dommages et intérêts pour la rupture du contrat). Pour ma part je l’ai précisé dans mes CGV, de cette manière mes clients savent de quoi il retourne.

En conclusion, si vous suivez tous ces conseils, vous ne devriez pas rencontrer de problèmes. Vous n’êtes jamais à l’abri d’un mauvais payeur mais ici vous êtes plutôt bien armés pour le faire payer de gré ou de force si l’occasion se présente.
J’ai pu avoir oublié certains points, donc si vous voulez compléter ces conseils ou si vous avez des questions n’hésitez pas à poster un commentaire ci-dessous.

A suivre dans un prochain article, la gestion d’un projet et sa livraison.

Tags
ARTICLES SIMILAIRES
22 Commentaires
  1. Répondre

    christophe dumas

    9 juin 2011

    Bonsoir !

    Merci pour cet article complet sur cette première partie « Les règles d’or du freelance ».
    Comme vous le conseillez, il est très important de respecter (au mieux) le tarif journalier !
    Respectons le métier !! 🙂

    Christophe

  2. Répondre

    ephfx

    9 juin 2011

    Cet article est intéressant et amorce bien la problématique des devis, mais les graphistes qui débutent en Free risquent de rester sur leurs faims. Je crois que la question qui se posent le plus, c’est « j’ai un devis à faire, je mets quoi dedans ». Dans les différentes discussions que l’on a entre free, débutant ou pas, on voit que la difficulté vient de la façon de qualifier un projet, que l’on ait un cahier des charges en mains ou pas. Comment je fais pour recueillir le besoin de mon client par e-mail ou par téléphone, comment je traduit ce besoin par une réponse tarifaire précise ? Quelle sémantique utiliser ? Dois on mettre des closes, des conditions, des informations conditionnant le projet dans le devis? Quel niveau de détail pour chaque « poste / tâche »? Comment faire un devis quand on précompte ? (j’oublie surement pleins de questions)
    Le livre « Profession Graphiste indépendant » apporte pas mal de réponses ( voir : http://www.profession-graphiste-independant.com/). Ton billet en apporte d’autres. Ce qui manque, c’est une base d’exemple consultable pour aller dans le concret (peut être restreinte, on a pas forcément envie de filer un coup de main aux crowdsourceurs et autres pseudo graphistes facturant 80€/jour …). Je pense que la partie « rédaction de devis » pourrait à elle seule alimenter un petit blog si l’on s’amusait à décortiquer des devis par projets (peut être une idée à mener).
    Sinon, toute la partie sur le tarif (bon 250€/j c’est vraiment au taquet), les CGV et les droits d’auteurs (obligatoire en status MDA) est très juste. Je pense que d’autres viendront surement compléter ce bon billet par des commentaires.
    Bon blog et belles initiatives en tout cas !

    (et on en reparle sur skype 😉 )

    • Répondre

      Ludivine

      10 juin 2011

      Effectivement, mais aborder tous les points dont tu parles demanderait bien plus qu’un article… C’est plus une formation complète, un gros dossier. Là je voulais surtout me concentrer sur le mécanisme de base, car déjà rien que ça pose des soucis à certains free dans mon entourage. Ils ont des pratiques hallucinantes !!
      Pour ce dont tu parles c’est vraiment à traiter très en profondeur et je pense que vu l’ampleur du sujet il faudrait s’y mettre à plusieurs et pourquoi pas faire un dossier.

      • Répondre

        ephfx

        10 juin 2011

        Il est vrai que pour traiter du sujet, il faudrait un dossier complet. Se mettre à plusieurs pour le réaliser, ça peut être intéressant, donc à réfléchir et pourquoi pas 🙂

  3. Répondre

    Gabriel Champeix

    10 juin 2011

    Bon article, bien résumé.

  4. Répondre

    JEi

    10 juin 2011

    Très bon article.
    Merci pour ta contribution.

  5. Répondre

    David

    11 juin 2011

    Merci pour ton aide et ton retour d’expérience.

  6. Répondre

    Vivien

    19 août 2011

    Merci pour cet article, le contenu est très intéressant !

  7. Répondre

    Ptitdoss

    29 août 2011

    Merci pour cette article, jai appris beaucoup de chose que je ne savais pas.

  8. Répondre

    mickael lecolazet

    25 septembre 2012

    Bonjour Ludivine.
    Merci pour vos articles, toujours pertinents et pleins d’informations.

    Cependant, je n’arrive pas à télécharger vos CGV.
    Le lien semble corrompu.
    Est-il possible de les ré-uploader ?

    Merci.
    Et encore bravo.

  9. Répondre

    Dennis Guerra

    25 septembre 2012

    Bonjour et merci beaucoup pour cet article très clair et très enrichissant !

  10. Répondre

    ID GrafiK

    24 octobre 2012

    Bonjour à tous !

    Voici une calculatrice pour vous aider à calculer simplement votre taux horaire, votre seuil de rentabilité et vos bénéfices en se basant sur les coûts, le nombre d’heures facturables et le résultat souhaité.
    http://www.id-grafik.com/calculateur-de-taux-horaire-graphiste-freelance.php
    Cet outil est une adaptation du « FreelanceSwitch Hourly Rate Calculator » que j’ai traduis et auquel j’ai apporté quelques modifications, comme les charges sociales et fiscales.

  11. Répondre

    Berger Martine

    26 février 2013

    Bonjour,
    Je me demande si il existe des normes officielles pour signer une affiche quand on est graphiste? Par exemple y a-t-il un endroit obligatoire (par ex partie droite inférieure) le format doit-il être en fonction du format utilisé sur l’affiche ou peut -il être au choix du graphiste.
    merci de m’éclairer sur ce sujet.
    Martine Berger

  12. Répondre

    Kaz

    28 février 2013

    Bonjour,

    Merci pour cet article. J’aimerai réagir par rapport au tarif journalier. J’ai récemment répondu à une demande de devis de la part de mon ancien employeur. J’ai épluché « le guide du graphiste indépendant » puis « profession graphiste indépendant » et nombreux sites comme celui-ci.
    N’ayant aucune idée de prix pour une mise en page ( environ 100 ) j’ai cherché des renseignements un peu partout, j’ai donc appliqué un tarif journalier de 200 euros. La réponse a été claire et nette : beaucoup trop cher et quelques réflexions pas très sympas en prime…
    Je suis inscrite en freelance depuis peu et je ne sais pas comment réagir à ce genre de réponses, on sent presque un reproche, comme si je me sur-qualifiait. Ils étaient presque outrés que j’ose appliquer ce tarif.
    Il s’agit pourtant d’une assez grosse structure, habituée à travailler avec des graphistes.

  13. Répondre

    Marlene

    8 mars 2013

    interessant! cependant j’aurais aimé voir ton lien sur les CGV mais il ne marche pas…

  14. Répondre

    sens

    27 mars 2013

    Merci pour cet article. Egalement, j’aurais aimé voir ton lien sur les CGV mais il ne marche pas 🙁
    Peux-tu me l’envoyer en retour … merci

  15. Répondre

    venus-iro

    14 juin 2013

    Merci pour cette article;
    Mais j’aurais bien aimer avoir aussi l’exemple de tes cgv. Est ce qu’il te serrait possible de me les envoyer par mail?
    Merci par avance,

  16. Répondre

    Ahmed

    7 février 2014

    Merci beaucoup pour ces éclaircissements sur la façon de travailler en free-lance. Ces méthodes peuvent aussi être utilisé par des PME et PMI.

  17. Répondre

    Mickaël

    25 juin 2014

    J’ai retrouvé le pdf http://web.archive.org/web/20110206160828/http://www.bliss-bazaar.com/cgv.pdf
    Il faut un peu de patience

    • Répondre

      Lina

      9 juillet 2015

      Bonjour, aurais-tu par hasard sauvegardé ce pdf des cgv ?

  18. Répondre

    MyKeL

    4 mars 2015

    Bonjour,
    Un tout grand merci pour cet article.
    Je suis free à titre complémentaire et à ce titre, le tarif à la journée ne convient pas. Je conseil donc à ceux qui comme moi le font à titre complémentaire de faire un tarif à l’heure. Il est vrai qu’il est très difficile d’évaluer la tâche en heure plutôt qu’en journée mais pour votre client et pour vous c’est plus logique. J’exclue bien évidement ceux qui peuvent consacrer des journées entières à leur activité complémentaire.

  19. Répondre

    fridouille

    30 avril 2016

    Bonsoir, votre article est tres interessant , le lien pour les CGV est mort , pouvez vous le mettre à jour ?

    cordialement

Laisser un commentaire