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Rendez le design graphique compréhensible en l’expliquant à des enfants

Par le 14 décembre 2015

Selon l’interlocuteur, il n’est pas toujours aisé de faire comprendre ce qu’est le design graphique. À l’occasion de cette tribune sur les Graphisteries, je me suis laissé croire qu’il serait intéressant de développer une réflexion autour de la transmission de notre métier. Et ça commence par sa compréhension.

On attribue à Albert Einstein la citation suivante : « Si vous n’êtes pas capable d’expliquer quelque chose à un enfant de 6 ans, c’est que vous ne le comprenez pas vous-même ». C’est quelque chose que j’ai souvent observé dans les émissions scientifiques : ceux qui semblent le mieux maîtriser leur sujet sont ceux qui sont capables de le rendre accessible, et qui du coup sont les plus crédibles. Je doute que cela relève uniquement de la maîtrise : tout le monde n’est pas pédagogue, tout simplement. Je vous propose alors une petite réflexion que j’ai menée afin de parvenir à convaincre même les plus coriaces.
Pour ça, rien ne vaut les enfants. Vous pouvez être le meilleur designer graphique de France ou du monde, rien ne vaut le regard d’un enfant. Un gamin n’a pas autant de préjugés qu’un adulte et il a des paroles remplies de spontanéité. S’il ne pige rien, l’enfant vous le dira. Mais si vous êtes en mesure d’être compris par un enfant de six ans, alors il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas auprès des adultes.

Par le commencement

Dans un premier temps, il convient de penser à simplifier un peu le sujet et à laisser de côté certaines nuances. On laissera à la seule appréciation des professionnels des notions comme l’équilibre relatif entre ce dont le client à besoin et ce qu’il veut, entre la théorie et la pratique, ou encore la sensibilité artistique que chaque designer exprime à des degrés très différents de ses pairs.

Dans design graphique nous avons deux termes à expliquer pour parvenir à nous faire entendre. Design, puis graphique.

Le design : faire simple et pratique

On retrouve le design dans de très nombreux secteurs différents. Par exemple, pour en citer quelques-uns :

  • Les concepteurs de jeux vidéos, qui vont choisir l’emplacement des boutons d’action avec lesquels on va s’amuser. Pour apprécier un jeu vidéo, il faut qu’on puisse y jouer facilement.
  • Les ébénistes, qui vont concevoir des meubles à destination d’un usage spécifique comme un vaisselier ou une bibliothèque. Ce sont deux étagères, mais qui n’auront pas le même aspect de part les usages différents auxquelles on les destine.
  • Les webdesigners, dont le travail va être de rendre un site Internet facile à lire et faire en sorte qu’il réponde au besoin du client.
  • Le metteur en page d’un livre, qui devra tout faire pour rendre la lecture fluide et agréable.

Pour résumer simplement, le design c’est donc de faire quelque chose de pratique et de facile à utiliser. Au contraire, faire quelque chose uniquement pour que ce soit joli ou que cela ait une allure moderne, ce n’est pas du design mais de l’art. Le design fait donc parti de notre quotidien, sans que nous nous en rendions compte.

Un bon exemple est la conception de vos toilettes, point capital qui rythme notre quotidien sans même qu’on y fasse gaffe. Imaginez que le concepteur du trône à déféquer (terme à éviter auprès de vos gosses…) se soit laissé un peu emporter par ses envies artistiques. On pourrait alors se retrouver avec des toilettes en métal provoquant des allergies : le concepteur n’aurait alors pas pensé aux utilisateurs. Ou encore, avec des WC transparents : très joli au début, mais sans doute beaucoup moins après quelques utilisations… À moins de vouloir étudier vos excréments sous toutes les coutures, cela n’a aucune utilité.

lesgraphisterie-exemple-wc-1

 

L’exemple des toilettes est d’ailleurs très parlant pour un môme de 6 ans, qui à l’image d’un Minion en rigolera à s’en taper le cul par terre. Un bon point pour vous concernant l’attention obtenue (bien que mon humour soit parfois d’un niveau relativement proche de celui d’un gamin de 6 ans, l’exemple des toilettes ne vient pas de moi mais de cet article).

Maintenant que le concept de design est assimilé, passons à la seconde partie, le graphisme.

Le graphisme : des couleurs, des polices d’écritures et des images

Le graphisme, c’est savoir utiliser des couleurs, des styles de lettres et des images variées pour aider à faire comprendre des choses. Le graphisme va donner du sens.

Encore une fois, il ne s’agit nullement de faire des choses jolies. La beauté du travail d’un designer graphique est une conséquence. Si le design et le graphisme sont correctement travaillés, alors ça ne peut pas être moche. On épargnera au chaland le contre exemple du discount, qui peut être design mais à presque le devoir d’être laid.

Un exemple simple de l’usage des formes et des couleurs, c’est la circulation routière. Plus particulièrement avec les feux tricolores destinés à la circulation. Le vert signifie qu’on peut passer, le rouge que c’est interdit, et la signification du orange varie selon qu’il clignote ou non. La forme, quant à elle, désigne à qui s’adresse le message : aux piétons, aux voitures ou aux vélos. Ainsi, grâce à une association de formes et de couleurs, on a pu envoyer un message à un ensemble de personnes ciblées.

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Dans le même genre, on peut également citer :

  • Les couleurs bleu et rouge du robinet pour désigner l’eau froide et l’eau chaude. Et pour peu que vous soyez farceur, si vous intervertissez les pastilles, la personne à passer après vous aura une surprise (l’humour, ou comment capter l’attention d’un gamin). En revanche, la forme de la poignée du robinet relèvera du design.
  • Le symbole du flocon de neige quand il s’agit de glace, celui d’un soleil quand il s’agit de chaleur.
  • Le symbole du 1 superposé au 0, qui désigne le bouton marche/arrêt d’énormément d’appareils.
  • Le fait d’écrire en gros pour « crier » et indiquer ainsi qu’il s’agit d’un message important, comme pour un panneau STOP.

Normalement, arrivé à ce stade, votre interlocuteur commence à comprendre le sens du graphisme. Il ne s’agit pas de faire quelque chose qui provoque l’effet d’une célèbre marque de crêpe chocolatée au goût approximatif, mais bel et bien de faire passer une information spécifique à une personne précise.

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Design et graphisme

Le design graphique est alors le croisement entre ces deux grandes notions. C’est quand le besoin de faire quelque chose de pratique rencontre celui de transmettre un message à quelqu’un. Le métier du designer graphique consiste alors à trouver le juste équilibre entre les deux en fonction de chaque situation. Selon la qualité de votre auditoire, vous pouvez ensuite développer des choses comme les règles de design ou la sensibilité artistique.

Après cela, vous avez normalement gagné vos galons d’expert aux yeux de n’importe quel enfant, et donc auprès des adultes et autres clients potentiels. Et si l’enfant convaincu est le votre, alors ça n’a pas de prix.

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2 Commentaires
  1. Répondre

    Thomas Ruffier

    14 décembre 2015

    Alors, je ne suis entièrement pas d’accord avec cet article.
    C’est insulter l’intelligence de ton public si tu le compares à un enfant de 6 ans, c’est la théorie catastrophique de « Si ma grand-mère y arrive, c’est que tout le monde y arrive » et de Mme Michu.
    On ne s’adresse pas à un enfant de 6 ans comme à un adulte. Le design, c’est l’art de communiquer. Et, pour communiquer, il faut connaître son public :
    – Capitaliser sur ses connaissances (essaye d’expliquer à ton ado qu’il faut appuyer sur « A » pour sauter dans Mario, sans te faire insulter…)
    – Accepter que ton public ne s’intéresse pas à tout, et donc adapter la forme en fonction.

    Le design n’a pas pour vocation à être accessible, mais il doit taper juste.

    • Répondre

      Sébastien Drouin

      14 décembre 2015

      Merci de ton retour Thomas. A mes yeux c’est l’inverse : que le design ne soit pas accessible, pour moi c’est antinomique. Après, on est sans doute sur une différence de vision 🙂 Mais quand on est face à un prospect – et je ne parle pas d’un petit, les décideurs de boîtes importantes sont aussi concernés – on se doit d’avoir un discours qui est accessible. Si je devais me contenter des clients qui signent sans chercher à comprendre et de ceux qui connaissent déjà le design, mon CA ne serait pas aussi élevé qu’il l’est aujourd’hui 🙂

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