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Print Trucs & Astuces

Découvrez SPIND, l’imprimerie artisanale comme on l’aime !

Par le 30 septembre 2016

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vais faire un peu de publicité méritée. Vous ne vous en rappelez peut-être plus, mais j’ai initialement fondé ce blog avec un autre ami graphiste, Jean-Philippe. Bien qu’il se soit rapidement retiré de l’aventure, notre amitié est restée intacte et j’ai pu continuer à suivre ses projets. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai assisté à la naissance de SPIND, et à l’envie profonde qu’avait Jean-Philippe de créer un atelier d’imprimerie pas comme les autres.

Bien que spécialisée dans le web, j’ai eu une sérieuse recrudescence de missions print ces derniers mois, et j’y ai pris un véritable plaisir. Je m’intéresse de plus en plus à ce support, et aux nouvelles possibilités offertes par les techniques d’impression. Le papier a ce charme que le numérique n’a pas, en tout cas à mes yeux, et je le constate rien qu’avec ma passion de la littérature. Je ne peux tout simplement pas lire sur un écran, j’ai besoin du contact du papier dans mes mains. Alors forcément, à une époque où tout tend vers les écrans, je suis sensible à la philosophie de SPIND.

Mais SPIND concrètement c’est quoi ?

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SPIND est un atelier d’imprimerie créé par Max et Jean-Philippe, deux amoureux du print soucieux de redonner ses lettres de noblesse à un support laissé pour compte. Dans cette optique, leur entreprise propose des prestations de grandes qualités au moyen de deux gammes : prestige et letterpress. Situés sur Paris, leur site internet permet de commander et d’être livré n’importe où, vous n’aurez donc aucune excuse pour ne pas les tester à la première occasion.

J’ai eu la chance de recevoir quelques échantillons de leurs travaux, et j’aime autant vous dire que ça claque ! On sent vraiment la passion qui les anime derrière chaque réalisation, et c’est ce qui me séduit dans leur projet. Avec la démocratisation des imprimeries en ligne, les ateliers physiques ferment les uns après les autres, souvent au détriment de la qualité et de l’originalité. J’espère donc vraiment que leur initiative connaîtra un grand succès.

Vous pouvez retrouver toutes leurs réalisations sur leur site et leur boutique, mais surtout ne manquez pas le super concours qu’ils ont lancé en partenariat avec John’s Graphisme ! De superbes lots sont à gagner.

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En attendant, pour vous permettre de mieux connaître les deux compères, je vous ai préparé une petite interview ci-dessous. Je vous laisse faire connaissance…

Présentez-vous et votre parcours professionnel avant SPIND…

Max : Je suis sorti d’un bac technique en génie mécanique, puis j’ai enchaîné sur un BTS Communication (oui, cela n’a rien à voir), que je n’ai pas terminé pour me consacrer entièrement à mon premier projet professionnel : monter une maison d’édition, rien que ça. J’avais alors 22 ans, c’était ma première expérience entrepreneuriale, et elle a duré un peu moins de 2 ans. J’ai pu assez rapidement rebondir en intégrant une régie publicitaire, en tant que « chef de pub ». Je n’y suis pas resté bien longtemps, quelques mois seulement, car j’ai finalement répondu à l’appel familial en rentrant dans l’imprimerie.

JP : Parcours classique d’une personne à l’aise avec l’informatique et qui a été poussé par ses parents et ses professeurs à faire de la programmation. Tout d’abord un bac informatique suivi d’un DUT multimédia, pour au final tout plaquer et commencer ma carrière dans le design et dans le print. Ensuite, j’ai enchaîné les expériences professionnelles dans une imprimerie, une agence de publicité, un service communication et enfin une maison d’édition. J’ai commencé en bas de l’échelle en tant que graphiste exécutif pour occuper aujourd’hui le poste de chef de projet.

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D’où vous vient cette passion pour le print ?

Max : Pour être franc, à la base, c’était tout sauf une passion. Cela l’est devenu plus tard. Je suis issu d’une famille d’imprimeurs, enfin plus particulièrement de façonniers d’imprimerie (ceux qui font les finitions sur les produits d’impressions). Du côté de mon paternel, on est dans le métier depuis plus de 50 ans. Cela à démarrer avec mon arrière grand-père qui avait fondé son propre atelier de façonnage, ma grand-mère (sa fille) a suivi le pas, puis mon père au début des années 2000 a monté son propre atelier. Ce qui est certain c’est que quand j’étais gamin, s’il y avait bien un métier que je ne voulais pas faire, c’était bien celui d’imprimeur au sens large du terme. J’avais 13-14 ans quand mon père venait de monter son atelier et il avait régulièrement besoin d’aide. Forcément à cet âge-là je n’étais pas en mesure d’occuper les postes les plus intéressants. Je m’occupais souvent de faire tous les petits travaux manuels comme le pliage, le collage ou encore le décorticage du papier après découpe. Bref, ce n’était pas la partie la plus enrichissante du print et a fortiori je m’étais fait une très mauvaise image du métier. Puis, plus de 10 ans plus tard, j’y suis revenu pour y mener un projet de développement autour du façonnage, qui de fil en aiguille nous a mené au letterpress et à SPIND.

JP : Il y a deux réponses pour ma part. La 1ère, plus récente, vient de la découverte du monde de l’imprimerie il y a 10 ans maintenant, après mon ras-le-bol de l’informatique orienté programmation à la fin de mes études. J’y ai trouvé ce qui me manquait tant dans ce domaine, c’est à dire la tangibilité d’un produit fini. Je pouvais voir et (res)sentir ce que je produisais, tandis que mes premières lignes de code me semblaient tellement fades avec un résultat sans intérêt pour moi. Et puis, j’y ai découvert les potentialités qu’offrent le monde de l’imprimé avec toutes les techniques d’impression et de finition. Je voyais mon travail, tellement plat sur mon écran, prendre vie sous les mains des différents intervenants de la chaîne graphique après moi. Depuis, je m’attache à défendre ce média, qui bien souvent est décrié et laissé de côté au nom de la sacro-sainte révolution du numérique. La 2ème réponse vient de l’enfance. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu du papier dans les mains. Que ce soit des livres ou des magazines que mes parents m’achetaient, ou alors moi qui m’occupait à faire du découpage et du collage pour faire des « monstres ». D’ailleurs, c’est ce côté plaisir de construire physiquement une maquette d’un magazine ou autre qui me plaît le plus dans ce métier.

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Qu’est-ce qui vous plaît dans ce support ?

Max : Paradoxalement, je me considère comme un technophile, et j’aurais plutôt a tendance à penser que technologie et papier sont un peu antinomiques.
Ce qui me plaît dans le papier c’est justement de pouvoir donner vie, parfois de manière « spectaculaire », à des projets immatériels réalisés depuis un ordinateur. Quand on connaît bien le papier et les différentes techniques d’impressions, on se rend compte que les possibilités sont quasiment illimitées. D’ailleurs comme j’aime souvent le dire : « en print, on peut tout faire, la première limite est votre imagination, la seconde c’est souvent votre porte-monnaie ».

JP : Contrairement à Max, je suis largué au niveau technologique ! Fun fact : je n’ai pas de smartphone et je ne sais même pas comment ça marche ! Ce qui me plaît dans le support papier c’est sa capacité, à travers la tangibilité du support, à générer des émotions grâce à l’utilisation de nos sens. Ce support permet de toucher et d’engager directement les personnes avec ce qu’ils ont entre les mains. Il participe également, pour moi, à une vision des choses qui consiste à ralentir et prendre le temps dans ce monde qui va très vite. Je vois ça comme un support de la pensée et de la réflexion, définit par un format fini.
Et tout ces idéaux là sont servis par une foultitude de matières premières différentes (encre, papier), et de techniques d’impressions/finitions qui permettent de réaliser presque toutes les possibilités.

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Comment est née l’aventure Spind ?

Max : En toute transparence, au départ SPIND est née par nécessité. Puis c’est devenu une passion. En 2011, quand je suis rentré dans le métier, le secteur connaissait une grave crise. Dans le façonnage, on travaillait principalement avec des imprimeurs, en sous-traitance. Pour vous donner une idée, entre 2011 et 2016, on est passé de 40 à moins de 15 imprimeurs dans l’Est Parisien. J’ai vu plus de liquidation d’ateliers que de création de projets autour de ce métier. Il fallait trouver une solution, nous diversifier. J’ai découvert le letterpress en 2012, et il se trouve que par chance nous avions, en interne, un employé qui avait démarré sa carrière, il y a plus de 30 ans, sur platines et cylindres typographiques. On avait déjà une très bonne base de connaissance sur le process, et un parc machine à disposition qui était quasi prêt pour faire du letterpress. On n’a pas réfléchi bien longtemps, et on a décidé de se plonger dans cette niche de l’imprimerie. Néanmoins, pour notre développement, et passant d’un statut de façonnier à imprimeur, il nous manquait deux éléments. Un site internet qui puisse réellement mettre en valeur notre savoir-faire, et surtout un homme rompu à la communication et à la PAO qui puisse prendre en charge les fichiers de nos clients et gérer la création graphique. Le site internet, c’est SPIND, et l’homme en question c’est Jean-Philippe.

JP : Ce fut une succession d’événements qui ont conduit, pour ma part, à la création de SPIND. J’ai rencontré Max via le forum pour les professionnels des arts graphique KOBONE. À force de discuter avec lui, je me suis aperçu que nous avions exactement la même passion qui nous anime. Mais le projet n’était pas encore là. Il a fallu des difficultés conjoncturelles d’un côté, et la volonté d’entreprendre de l’autre, pour faire naître l’idée d’un projet commun autour de l’impression haut de gamme à travers l’utilisation de la technique du letterpress. Mais c’est avant tout une histoire humaine fondée sur la complémentarité de nos savoir-faire respectifs. Sans une personne ayant une telle connaissance du prix des matières premières et un bagou naturel pour la vente, jamais je ne me serais lancé sans Max.

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Quels sont vos objectifs avec cet atelier haut de gamme ?

SPIND : Nous aurions tendance à dire que dans un premier temps, en vivre humblement serait déjà un premier et bel objectif. Au-delà de ça, nous avons mille et une idées. Tout d’abord, étoffer la gamme de produits disponible via le « configurateur », et sur ce point, nous avons déjà un plan quasi tout tracé en tête, avec des idées de supports et/ou produits quasi inédits dans le monde de l’imprimerie en ligne, et que l’on a vraiment hâte de pouvoir mettre en œuvre. L’autre axe de développement qui nous tient à cœur, et qui rentre dans le cadre de nos objectifs à court et moyen terme, c’est de mener ponctuellement des collaborations avec des artistes de tous horizons à l’image de notre premier projet du genre avec l’Atelier Cartographik (disponible dans la boutique). Même si ce n’est clairement pas l’objectif le plus rémunérateur, cela nous permet d’une part de nous faire réellement plaisir en éditant de beaux produits, et d’autre part cela permet de promouvoir la technique et donc notre atelier.

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Comment voyez-vous l’avenir du print dans les outils de communication ?

SPIND : Notre point de vue est peut-être biaisé de par notre orientation, mais nous avons tendance à penser et constater que l’avenir du print tel que nous le percevons tendra de plus en plus vers du premium ou semi-premium. Il est devenu tellement facile de se procurer à moindre coût des produits d’impressions pelliculées avec vernis sélectif, que ce qui était encore un « must have » il n’y a même pas dix ans est devenu presque banal aujourd’hui. Avec l’avènement des technologies numériques dans l’imprimerie, le champs des possibles est de plus en plus vaste et permet aujourd’hui de couvrir des besoins bien plus larges qu’auparavant. Un autre secteur qui prend de l’importance dans l’imprimerie est la personnalisation, et c’est encore l’impression numérique qui est à l’œuvre et repousse toujours plus loin les frontières de l’impression. Nous pensons que c’est l’avènement de ces nouvelles technologies qui permettront de pérenniser le print dans les stratégies de communication, de par les immenses possibilités qu’elles offrent et qu’elles offriront à l’avenir. Même si pour le moment, aucune nouvelle technologie ne permet véritablement d’obtenir un rendu similaire au letterpress et à la dorure à chaud (à l’ancienne), nous surveillons ça de près, et il n’est pas dit qu’un jour ces nouvelles technologies n’intégreront pas notre atelier.

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